L’Espace Oshoun a vu le jour à Fribourg il y a 18 ans. Aujourd’hui, la même vision du soin s’apprête à trouver un ancrage à Ouidah, au Bénin — non pas comme une simple extension géographique, mais comme la rencontre de deux savoirs qui se répondent.
Pourquoi Ouidah
Ouidah n’est pas une terre choisie au hasard. C’est une terre d’origine, liée à une histoire de famille et à un ancêtre ayant vécu entre 1792 et 1905, dont l’héritage se transmet de génération en génération. Porter ce projet à Ouidah, c’est renouer avec ce fil, cette lignée, et lui donner un sens nouveau, tourné vers l’accompagnement des femmes d’aujourd’hui.
Au-delà de cette histoire personnelle, Ouidah est aussi une terre de savoirs. C’est un lieu où la connaissance du corps, des plantes et des rites de passage reste vivante — portée par des femmes et des hommes détenteurs d’une pharmacopée traditionnelle et de pratiques de soin transmises depuis des siècles.
Cette connaissance fine des plantes médicinales, des gestes de soin du corps et des rites de reconstruction constitue un patrimoine précieux — un savoir-faire que l’urgence du monde moderne a parfois fait oublier ailleurs, mais qui reste, à Ouidah, une pratique vivante et quotidienne.
Une rencontre entre deux mondes
D’un côté, les approches thérapeutiques développées à Fribourg depuis 18 ans : le soin énergétique, le massage alchimique, la psychomagie, un cadre d’accompagnement structuré autour de l’individuation.
De l’autre, les savoirs ancestraux de Ouidah : la connaissance de la pharmacopée locale, des plantes qui apaisent et régénèrent, des gestes et rituels de passage transmis depuis des générations, une compréhension fine du corps et de ses mémoires.
Ni l’une ni l’autre de ces approches n’est suffisante seule. C’est leur rencontre — ce dialogue entre deux terres, deux cultures, deux savoirs qui se complètent, et cette histoire de famille qui les relie — qui constitue la richesse singulière du projet Alafia.
Le lien entre le corps de la femme et le corps de la Terre
Ce pont Nord-Sud porte aussi une dimension écologique : le corps de la femme et le corps de la Terre-Mère sont intimement liés, tous deux porteurs de vie, et trop souvent maltraités. Soigner le corps d’une femme, c’est aussi, symboliquement, réparer ce lien plus large avec le vivant — une conscience que les savoirs traditionnels de Ouidah portent depuis toujours, dans leur rapport au vivant et aux plantes.
Un projet qui avance pas à pas
Ce pont entre Fribourg et Ouidah, puis Natitingou, se construit progressivement : phase par phase, en s’appuyant d’abord sur les ressources de l’Espace Oshoun, avant d’envisager, à terme, une autonomie économique propre au projet béninois.
Nous partagerons régulièrement, dans cette rubrique, l’avancée concrète de cette construction.
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